L'épaule doit sa remarquable mobilité à une architecture osseuse peu contrainte, compensée par des structures ligamentaires et musculaires. Cette conception explique pourquoi elle reste l'articulation la plus exposée aux luxations — et pourquoi, une fois déstabilisée, elle a tendance à le rester.
Une luxation, et après ?
La première luxation d'épaule, le plus souvent antérieure, survient généralement lors d'un traumatisme sportif ou d'une chute. Après réduction, une question se pose rapidement : quel est le risque de récidive ? Il dépend avant tout de l'âge et du niveau d'activité sportive du patient — plus le patient est jeune et sportif, plus ce risque est élevé.
Ce que révèle l'imagerie
Un scanner ou une IRM après luxation permet d'objectiver les lésions associées : déchirure du labrum (lésion de Bankart), encoche sur la tête humérale (lésion de Hill-Sachs), et surtout d'évaluer une éventuelle perte osseuse au niveau de la glène. Cette dernière est déterminante : elle oriente directement le choix entre les deux techniques de stabilisation chirurgicale.
Le Bankart, par arthroscopie
Lorsque la perte osseuse est minime ou absente, l'intervention de Bankart consiste à réinsérer par arthroscopie le labrum et le ligament gléno-huméral inférieur déchirés, à l'aide de petites ancres fixées sur le bord de la glène.
Le Latarjet, quand l'os manque
Quand la perte osseuse glénoïdienne est significative, ou que le risque de récidive est élevé (sport de contact, luxations multiples), l'intervention de Latarjet est privilégiée. Elle consiste à transférer un fragment osseux prélevé sur l'apophyse coracoïde, avec son tendon conjoint, sur le bord antérieur de la glène. Ce transfert restaure la surface articulaire perdue et crée, grâce au tendon conjoint, un véritable hamac stabilisateur dynamique.
Cas particulier : l'instabilité multidirectionnelle
Certains patients, souvent hyperlaxes, présentent une instabilité dans plusieurs directions sans traumatisme initial franc. Cette forme se traite en première intention par une rééducation spécifique de recentrage articulaire, la chirurgie n'étant envisagée qu'en cas d'échec de cette prise en charge bien conduite.
Reprendre le sport
Après stabilisation chirurgicale, la rééducation suit un protocole progressif. La reprise du sport, y compris de contact, intervient généralement entre 4 et 6 mois, selon la discipline pratiquée et l'évolution individuelle.
À retenir : le choix entre Bankart et Latarjet ne relève pas d'une préférence technique mais d'une analyse précise de la perte osseuse glénoïdienne et du profil de risque du patient.
Ce contenu est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Pour en savoir plus, consultez la page dédiée à l'instabilité et luxation de l'épaule.